Le paysage de la gestion de l’eau en Bretagne change. Au 1er janvier 2026, la compétence « Eau et Assainissement » ne sera plus gérée à l’échelle communale mais par Haut-Léon Communauté (HLC). Ce transfert, initialement imposé par la loi NOTRe de 2015, a été maintenu par un choix volontaire des élus locaux malgré l’abrogation du caractère obligatoire de la loi en avril 2025.
Pourquoi ce basculement ?
La gestion actuelle est jugée trop fragmentée. L’objectif affiché par HLC est de répondre à trois impératifs :
- Mutualisation des coûts : Faire face aux investissements massifs nécessaires pour moderniser des réseaux vieillissants (renouvelés actuellement tous les 200 ans, contre un objectif de 100 ans).
- Harmonisation des tarifs : Lisser progressivement les prix pour les 22 400 foyers du territoire.
- Résilience climatique : Sécuriser l’approvisionnement face aux risques de sécheresse et de pollution.
Un changement de gestionnaire : L’arrivée de Suez
Pour les habitants de Plouescat, Plounévez-Lochrist, Tréflez, Lanhouarneau et l’Île-de-Batz, la gestion opérationnelle sera déléguée à l’entreprise Suez.
Le territoire quitte ainsi un système de « régie » (gestion directe par la mairie) ou des contrats disparates pour une Délégation de Service Public (DSP). Ce choix vise une uniformisation totale des modes de gestion d’ici 2030.
Ce qui change concrètement pour l’abonné
Le passage au 1er janvier 2026 se veut transparent techniquement, mais implique des démarches administratives :
- Contrats : Le transfert est automatique. Aucune résiliation n’est nécessaire.
- Paiement : Pour ceux qui utilisent le prélèvement automatique, un nouveau mandat SEPA devra être signé avec Suez. L’opérateur contactera directement les usagers concernés.
- Contact : Une agence physique est basée à Saint-Pol-de-Léon (31 rue des Carmes) pour l’accueil du public.
L’impact humain et technique
Ce transfert n’est pas sans conséquences sur le terrain. À Plouescat, par exemple, certains agents municipaux ont choisi de rejoindre le secteur privé (Suez) ou de changer de commune pour rester dans la fonction publique territoriale.
Sur le plan technique, l’audit conduit entre 2021 et 2024 a déjà tracé la feuille de route : la priorité absolue sera la fiabilisation de la station d’épuration et le renouvellement accéléré des canalisations pour limiter les fuites.
