La hausse brutale des prix de l’énergie a fortement fragilisé les budgets des collectivités. À Plouescat, cette crise a trouvé une commune déjà engagée dans une trajectoire de sobriété et de rénovation énergétique amorcée dès 2015. Loin d’une réponse conjoncturelle, les actions menées s’inscrivent dans une stratégie de long terme, progressivement renforcée, puis nettement intensifiée depuis 2022 afin de préserver l’équilibre financier communal et la qualité des services publics.
Dès 2015, la municipalité lance un programme structurant de modernisation de l’éclairage public portant sur les 680 points lumineux de la commune. Le passage aux LED, l’installation d’horloges astronomiques et l’optimisation des horaires d’éclairage produisent des effets rapides et mesurables. La consommation électrique chute de 208 558 kW en 2015 à 89 289 kW en 2021. Cette année-là, la dépense réelle s’élève à 20 288 euros. Sans ces investissements anticipés, elle aurait atteint près de 47 400 euros sous l’effet de la hausse du prix du kilowattheure. Les choix réalisés dès le milieu du mandat permettent ainsi d’éviter aujourd’hui plus de 27 000 euros de dépenses annuelles.
En novembre 2017, Plouescat renforce cette démarche en s’appuyant sur l’expertise de Heol, la société d’économie locale de l’énergie et du climat du Pays de Morlaix, reconnue d’utilité publique. Cet accompagnement marque une étape importante dans la structuration de la politique énergétique communale. En lien étroit avec les services administratifs et techniques, un diagnostic complet du patrimoine bâti est réalisé. Thermographies infrarouges, relevés de températures et d’hygrométrie permettent d’objectiver les déperditions énergétiques et d’établir un programme d’améliorations hiérarchisées.
Les travaux engagés concernent progressivement l’ensemble des bâtiments communaux. À la mairie, le remplacement des fenêtre bois simple vitrages et l’isolation des combles par ouate de cellulose, pour un coût de 18 000 euros, génère une économie estimée à 15 % de la consommation énergétique. À l’école Anita Conti, l’éclairage est intégralement modernisé, avec une réduction de 60 % des consommations, complétée en 2023 par l’installation d’une ventilation mécanique contrôlée améliorant à la fois la qualité de l’air et la gestion thermique. Une chaufferie gaz unique est mise en place pour alimenter l’école, la Poste et la salle Ty an Oll. D’autres bâtiments, comme Trémintin, Ty an Oll ou la salle de danse, rénovée en 2023, bénéficient également de travaux d’isolation et d’optimisation énergétique. Les vestiaires de football voient quant à eux leur chauffage au fioul remplacé par le gaz naturel dès 2021. En parallèle, des réflexions sont engagées sur le développement d’énergies renouvelables dans le patrimoine public, notamment le bois énergie et le photovoltaïque.
La rénovation de la Salle de l’Europe illustre cette volonté de concilier performance d’usage et sobriété énergétique. Le nouvel éclairage LED intelligent, conforme aux normes de la fédération, est modulable selon les besoins. Il permet de réduire de 63 % la consommation liée à l’éclairage de la surface de jeu, soit environ 2 335 euros d’économies annuelles, tout en améliorant le confort des usagers et en accompagnant la montée en Nationale 2 du club de handball local.
Avec l’explosion des prix de l’énergie à partir de 2022, ces investissements structurels sont complétés par un plan de sobriété renforcé. Le chauffage est désormais régulé à 19 degrés dans les bureaux et salles communales, et à 20 degrés dans les équipements accueillant des enfants. Les locaux inoccupés ne sont plus chauffés. La commune adhère également au dispositif Ecowatt afin de participer aux efforts nationaux en période de tension sur le réseau électrique. Les créneaux horaires ont été réadaptés en semaine.
De l’anticipation engagée dès 2015 à l’intensification des actions depuis 2022, le choix de la constance et de la rigueur a été privilégié. Cette trajectoire permet aujourd’hui d’amortir le choc énergétique, de sécuriser durablement les finances communales et de préparer l’horizon 2026 dans un contexte où la sobriété énergétique est devenue un levier essentiel de soutenabilité de l’action publique.
Voir aussi : Salle de danse : la fin d’une « passoire thermique » (2023)



